Cee’d 2012 : Kia somme la concurrence de réagir !

Cee’d 2012 : Kia somme la concurrence de réagir !

Hyundai Kia est un groupe en pleine croissance, c'est un fait indéniable. Volkswagen voit en lui son challenger à l'horizon 2016-2018, période qui correspond à la prise vraisemblable de la place de n°1 mondial pour le groupe allemand.

Kia a l'ambition de se positionner en marque typée "dynamique" face à Hyundai. Peter Shreyer, ex-Audi, est aux commandes du Style de la marque coréenne depuis 2006 et déploie une stratégie offensive étendue désormais à tous les modèles de la gamme. Cette montée en puissance a été marquée par des produits ambitieux et remarqués comme le Sportage ou récemment l'Optima.

La Cee'd version 2012 reprend logiquement la nouvelle identité de marque, symbolisé par le Tiger Nose sur la calandre. Elle propose un style dynamique affirmé en rupture avec la Cee'd première génération, sérieuse mais plutôt anonyme.

Kia Cee'd 2012 : Golf killer ?

La nouvelle Cee'd fait clairement un bond en avant par rapport à son aînée, alors surtout remarquée pour sa garantie 7 ans lors de son lancement. Design et richesse de la présentation sont impactants au premier regard. Alors, tout bon ?

Extérieur : plus soignée, plus riche

Le package global de la Cee'd est sans histoire, sans faute donc. Silhouette à la partie habitacle assez massive, dans le prolongement  du capot, qui ne propose donc pas les codes traditionnels du dynamisme, cf vitre de custode avant apanage des silhouettes volumiques. La forme plongeante des vitrages a pour conséquence une custode arrière symbolique très en hauteur et une omniprésence de tôle qui sanctionnerait immédiatement une taille de roue en retrait. Les photos officielles ne tombent pas dans cet écueil, et les roues sont au bon endroit, l'affleurement est bon, et les porte-à-faux équilibrés. What else ?

Les points forts incontestables de la Cee'd 2012 sont dans la droite ligne de ce qu'on connaît de la marque : une face avant impressive avec une calandre travaillée et valorisante, des projecteurs eux aussi soignés et adoptant les technologies LED pour une signature visuelle intégrée aux blocs optiques. Ce traité des pièces maîtresses de la face avant est une recette gagnante pour accrocher le regard et donner au client une belle perception de standing. L'entourage chrome des anti-brouillard a le mérite d'être travaillé en 3D évitant le syndrome du 'placard' de chrome qui peut être contraire à l'effet recherché.

Le chrome justement, suivons-le en face latérale : Kia applique sur ce segment des comptactes les recettes du segment supérieur. Un entourage complet des vitrages par un jonc chromés régulier et présent juste ce qu'il faut. Bon point ! Cela n'est pas courant sur ce segment, les Golf / Megane / 308 s'en privent et sont cantonnées à des joints très présents. Chez les généralistes, Opel est un des rares à en être doté. Cette recette est certes classique, et les effets sur les clients sont garantis. Attention néanmoins aux matériaux qui côtoient directement le chrome. Le contraste de qualité est alors exacerbé.

L'engouement lors de cette phase de découverte est calmé par la vue de la face arrière, plus mitigée. Pas de valorisation particulière, les feux soufflent le chaud et le froid avec une signature en guide lumière ET des ampoules apparentes basiques. A noter, la forme des feux reprise par l'aile arrière. Cela joue la carte du design soigné, du souci du détail. La proximité de la découpe de bouclier ne nous fait pas basculer dans le waouh pour autant. Le travail de style en 3D du bouclier sous les feux arrière n'est pas sans rappeler l'Audi A3 Sportback, période Shreyer (tiens ?). Néanmoins, les agitations stylistiques en partie basse, l'encoche dans le bouclier pour passer la main et ouvrir le volet, la non intégration de la caméra : voilà quelques pratiques qui limitent le standing de l'ensemble. Et la vulnérabilité des catadioptres sera également problématique à l'usage. Radar conseillé !

Les points en retrait

Ce qui caractérise VW, c'est la grande cohérence dans leurs pratiques sur un même modèle. Là réside une différence notable qui le distingue de ses concurrents généralistes, où le meilleur côtoie le...pas bon, pas aussi bon, quoi. Kia, ambitieux et bon élève, progresse à chaque lancement mais conserve des pratiques qui seraient inconvenues chez VW. Des exemples ?

Si en termes de lignes de style la Cee'd réussit à associer dynamisme et mesure, cantonnant le travail des galbes surtout en face avant, les lignes de découpe s'intègrent avec plus ou moins de réussite. Notamment un détail troublant.

Ainsi, lors du tour de découverte de la Cee'd, l'oeil s'arrête sur le pied C, il zoome alors sur une ligne creusée, telle une découpe soudée, droite, horizontale qui rompt la lecture du style. Les lignes plongeantes de l'encadrement chromés qui jouent le dynamisme de la silhouette apparaissent bancales quand l'oeil est arrêté sur notre ligne de jonction entre 2 panneaux de carrosserie. Quelle perception le client peut en avoir ? Quelle est la raison de la présence de cette chose ? Pourquoi cette cicatrice ?

- maîtrise industrielle : ils ne savent pas faire d'une pièce ? Les autres oui.

- ligne de démarcation pour des futures versions bicolores ? hum, pas crédible...

Autre pratique datée, la découpe de l'aile avant sur le longeron : cette découpe verticale arrête l'auto, coupe la dynamique des lignes qui vont vers l'avant. Dommage.

Ces résidus d'une convergence style / technique perfectible ternissent le tableau flatteur de la phase de découverte.

Ainsi, Kia alterne entre de belles pratiques, une qualité de construction sérieuse, notamment des jeux fins, et des points en retrait, voire pénalisants à l'image de ce qui est développé ci-dessus. ce produit ne sera donc pas perçu comme autant abouti que la référence du segment, la VW Golf.

A bord : montée gamme perceptible

Kia propose un habitacle cohérent de l'expressivité voulue à l'extérieur, avec une planche de bord cossue et plus dynamique. Le lien entre le poste de conduite et la façade centrale, thème vu sur l'Optima en atteste. La Marque se distinguait habituellement par une belle qualité de construction et des matériaux en retrait. Les progrès des modèles récents montrent que Kia se préoccupe de ce dernier point et que le gap avec les meilleurs généralistes se réduit.

Notons l'intégration de l'écran dans la planche de bord, là où la concurrence semble parfois gênée pour caser dans un style leur écran devenu aussi vaste qu'une tablette. A vérifier à l'usage si sa position est pratique et sécurisante.  Cette belle intégration dans les volumes joue en tout cas en faveur de la robustesse perçue de la planche de bord.

Là où la précédente proposait une ambiance plutôt austère, ici des décors et chromes suggèrent une montée en gamme et égayent l'ensemble. Façade, combiné, volant, crosses de porte, la Cee'd est bien dotée. Et ses attentions soignées, comme le volet coulissant du rangement sur console centrale,  sont là aussi dignes des meilleures pratiques.

Conclusion : Kia confirme ses progrès à chaque lancement, devenant un incontournable du marché.

La Cee'd marque donc de grands progrès, notamment sur la qualité des matériaux, pas le point fort de la dernière mouture. Le design présente lui aussi de grandes qualités, une cohérence d'ensemble impactante.

Seule une analyse plus détaillée met en avant quelques points en retrait qui ne nourrissent pas la perception de qualité. Mais ceux-ci se comptent en nombre limité. Concurrents, tremblez !

 

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